click R ocean VR

Fabrice Schnöller de Click research était présent au FIFTI du 5 au 7 décembre 2017 pour présenter Dolphin Man, l’occasion d’échanger sur ses recherches acoustiques liées aux cétacés et la VR!

De la recherche acoustique aux Emmy Awards

Je suis ingénieur centralien. J’ai passé un master en biologie. Je suis tombé amoureux des baleines il y a une dizaine d’années après une rencontre avec les cachalots, ce qui m’a poussé à monter le programme de recherche Darewin pour comprendre les sons émis par les cétacés.

L’étude de leur communication nécessite des outils qui n’existaient pas il y a 8 ans : j’avais besoin de filmer à 360°. J’ai plongé 11 caméras dans l’eau et je les ai collées moi-même sur Final Cut : je faisais de la VR avant que cela existe ! J’ai voulu améliorer mes outils, j’ai donc contacté Color (l’actuel GO PRO) et nous avons créé leur premier caisson sous-marin. J’étais donc le seul pendant un an à pouvoir faire de l’image sous-marine en VR.

Aujourd’hui ce caisson fait référence pour tous les films en VR utilisant la Go Pro. Par la suite, nous avons créé une antenne acoustique qui permet, en réalité augmentée, de « voir » d’où viennent les sons.

Le New York Times m’a contacté afin d’utiliser les images que je faisais pour mes recherches. Ce film était le premier film en VR du New York Times et reste le plus vu de l’histoire des vidéos en ligne du journal. Cette année il a été nominé au Emmy Awards parmi les 3 meilleurs films VR.

Ensuite j’ai commencé à travailler en partenariat sur de nombreux projets VR un peu partout dans le monde : Discovery Channel à Bornéo, la Marine Nationale en région Provence-Alpes-Côte d’Azur…

Dolphin Man

Plus récemment, j’ai tourné des images pour 3 films d’Arte, la série Dolphin Man, mêlant images sous-marines et images aériennes. C’est un hommage à Jacques Maillol à travers 3 portraits de ses héritiers. Le film est sorti en septembre sur Arte et a été présenté au FIFTI début décembre 2017.

Cousteau en VR

Le bateau Prince de Monaco part sur les traces des expéditions de Cousteau pendant 3 ans. Là j’interviens sur les images en VR mais je continue également mes recherches. C’est génial de pouvoir concilier les deux. Je travaille sur 4 films qui seront visibles au musée de Monaco puis ensuite dans d’autres musées et pourquoi pas sur les plateformes en ligne.

Un modèle économique autour de la VR?

La diffusion de la VR est pour le moment gratuite, mais certains réussissent à trouver un modèle économique comme le musée de Monaco qui a vendu une animation contenant 2 films en VR et un spectacle vivant (un animateur montre les caméras et explique la fabrication d’un film VR). Pour cette animation d’une heure, il y a eu 10000 visiteurs à 5€, ce qui en fait un business model viable.

Cette expérience ouvre d’autres perspectives, compte tenu du nombre de musées dans le monde.

Une nouvelle vie est proposée pour ce type de films : pour 1000€/mois, les musées pourraient utiliser ces films VR dans un cadre spécifique où le public paye comme s’il allait à une séance de cinéma, en partageant une expérience unique.

PRIMI : la mise en réseau

Grâce à l’ancien Délégué Général de PRIMI, Ilan Urroz, j’ai rencontré l’équipe de Wide Web VR, une start-up de l’Incubateur Belle de Mai. Je viens de rentrer dans l’aventure, séduit par leur idée brillante : étudier les interactions faites avec la VR, les qualifier scientifiquement et voir lesquelles fonctionnent avec notre cerveau. La bibliothèque d’interactions ainsi créée est mise en ligne avec une base de données d’images en VR. Elle permet de créer des expériences en réalité virtuelle avec des interactions au service de l’éducation.